Poietic Generator @philonum Centre Georges Pompidou

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Le Centre Pompidou à organisé la seconde édition de #PhiloNum du 16 au 20 janvier 2017 à l’attention des classes de Terminale de plusieurs lycées de la région parisienne. Cet événement a été l’occasion d’aborder de nombreuses questions philosophiques adaptées aux programmes scolaires grâce à des workshops, des visites de l’exposition permamente et des rencontres-conférences avec des philosophes, écrivains et chercheurs. L’objectif était de mettre en perspective la pratique quotidienne des réseaux et des technologies par les élèves.

L’un des trois workshops proposait une expérience du Générateur poéïtique. Aperçu :

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Images par Helen Finidori (1,2,3) et Hervé Verone (4, 5, 6).
Sessions GP par les étudiants de a) Schuman /MLS, b) Coubertin, c) Champlain, d) Schuman/Suger, e) Poe.

Search for Terrestrial Intelligence – STI@home

STI (Search for Terrestrial Intelligence) est une initiative complémentaire du célèbre programme de recherche SETI (Search for Extraterrestrial Intelligence) qui, depuis les années 60, tente de détecter d’éventuels signaux issus de formes de vie intelligentes.  Alors que SETI pointe ses radiotélescopes vers l’espace, STI propose d’orienter nos instruments vers la planète Terre ; il s’agit de détecter ici-même, des formes d’intelligence qui pourraient contribuer à établir une civilisation durable à l’échelle cosmologique.

STI observe notre vie avec les réseaux

Quelques hypothèses sur lesquelles le programme STI pourrait être fondé, sont proposées dans l’article « Search for Terrestrial Intelligence » publié dans le numéro 11 de la Revue du Cube sur le thème : « Faire société. Quel sens ? ». Elles conduisent à nous intéresser aux réseaux artificiels que nous construisons dans tous les domaines de notre vie sociale, de tenter d’en comprendre la dynamique, et d’apprendre à évaluer leur « légitimité ». En effet, selon la thèse soutenue dans l’article, nous construisons nos réseaux artificiels suivant des perspectives anoptiques qui impliquent toute notre cognition, mais nous n’avons pas encore assimilé les critères de légitimité de cette construction. Ceci combiné à notre compréhension limitée des dynamiques de nos réseaux sociaux, fait que nous n’en avons aucune maîtrise ;  ils fabriquent de toutes pièces des bulles et des crises dans tous les domaines et à toutes les échelles, au point de menacer la vie-même de notre espèce.  Une première étape de STI pourrait consister à lancer une initiative STI@ome.

STI@home : l’intelligence du monde à la maison !

Tout le monde connait l’initiative SETI@home, dérivée de SETI, qui propose à chacun d’allouer un peu de temps de calcul de son ordinateur personnel à l’analyse des signaux captés par les radiotélescopes. Voyons comment une initiative STI@home pourrait s’en inspirer. Selon les hypothèses développées dans l’article :

« Il suffirait de construire un réseau suivant une perspective anoptique légitime, dédié à la création et l’observation de sa propre dynamique ».

Cela peut être plus simple qu’il n’y paraît. En effet, le support de ce réseau existe. Il s’agit simplement de l’Internet. La base logicielle existe aussi et elle peut être améliorée à l’infini. Il s’agit du Générateur Poiétique, un méta-jeu collectif et contemplatif (sans aucun caractère commercial), conçu il y a bien longtemps déjà pour répondre précisément à ces objectifs.

Pratiquement, STI@home fondé sur le Générateur Poïétique serait joignable par tout le monde depuis n’importe quel mobile ou terminal. STI@home génèrerait en temps réel une image constituée par toutes contributions de ceux qui y participent. Son image peut être captée et affichée n’importe où dans tous les formats possibles, notamment sous la formes de « tableaux vivants« . De plus, STI@home a déjà commencé à fournir quelques résultats scientifiques (voir article sur Arxiv.og).

Ce réseau STI@home pourrait ainsi devenir un modèle générique à l’aune duquel la légitimité de tous les autres réseaux pourraient être évaluée. Cela pourrait entraîner la création d’une communauté de personnes, d’acteurs privés et d’institutions participant à cette recherche. Chacun pourrait y contribuer de plusieurs façons :

  1. En pratiquant de temps à autres le Générateur Poïétique. Il est accessible à tous, de 3 à 103 ans, sur tous les terminaux fixes et mobiles.
  2. En hébergeant chez soi un terminal STI@home de contemplation de l’image produite en temps réel par les participants du Générateur Poïétique. Cela est accessible à tous. C’est gratuit pour ceux qui le réalisent eux-mêmes (tutorial), payant pour les autres, ce qui permettra de soutenir financièrement la recherche.
  3. En organisant des événements dans des écoles ou des centres culturels, dans divers lieux publics ou privés, ou bien dans l’espace urbain.
  4. En transmettant les idées sous-jacentes à STI de toutes les manières imaginables, notamment en traduisant sa documentation dans toutes les langues possibles.
  5. En participant aux travaux de développement informatique, de modélisation et d’analyse des données.

Tout le projet, les logiciels, les images, les données et les résultats scientifiques sont publiés sous licence libre (Licence Art Libre, GNU afero, GPL, CC-BY-SA, etc.)

Pour participer d’une manière prévue ou imprévue, contacter : olivier.auber (AT) vub.ac.be

 

« Loci Loci » (Shanghai Project)

wei- « Marcher — jusqu’au lieu — où l’eau prend sa source. S’asseoir — attendre le moment — où naissent les nuages. »
Wang Wei (dynastie des Tang), Mon refuge au pied du Mont Chung-nan.

« Loci Loci » (en Latin : « les lieux d’un lieu ») est une installation très simple que je propose de réaliser dans le cadre du colloque « Consciousness Reframed 2015 » (De Tao Masters Academy, Shanghai, 20-21 novembre 2015) où je prononcerai par ailleurs une conférence intitulée « Refounding Legitimacy Toward Aethogenesis ».

Il s’agit simplement de projeter au sol l’image globale du Générateur Poïétique et d’inviter les étudiants – d’une part à participer à sa création via leur mobile, – d’autre part à prendre place physiquement sur le signe personnel que chacun dessine en temps réel.

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L’image peut être construite et habitée par plus d’une centaines de personnes en même temps.

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Disposition dans le Building#6, Shanghai Institute of Visual Arts (SIVA)

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L’expérience pourra durer une heure environ. Elle pourra impliquer plusieurs dizaines, voire centaines de personnes localement, et aussi d’autres qui pourront y participer du monde entier via l’internet.

Pratiquement, pour que l’expérience puisse avoir lieu, j’ai besoin de :

  • un vidéoprojecteur puissant relié à un ordinateur connecté à l’internet,
  • un lieu propice (immeuble surplombant un sol de couleur claire) sur lequel accrocher le projecteur,
  • un peu d’aide pour installer le matériel, inviter des participants, les accueillir, prendre des photos, etc.

Le lieu, le jour et l’heure de l’expérience sont fixés !

  • Building#6, Shanghai Institute of Visual Arts (SIVA)
  • Lundi 23 novembre 2015, 5 > 7 PM (heure de Shanghai), 10h – 12h (heure de Paris).
  • Entrée libre.
  • En ligne: http://play.poietic-generator.net
  • Videostreaming: à suivre.

Olivier Auber

 

Des anges au Musée des Arts et Métiers ?

Près de trente ans après sa création, le Générateur poïétique va être présenté pendant quelques jours au Musée des Arts et Métiers dans le cadre de l’exposition « Des histoires d’art et d’interactivité », où il sera mêlé aux grandes inventions qui ont marqué l’histoire des sciences et des techniques. C’est un bon moment pour préciser le sens que je donne à cet OVNI numérique, né à l’époque du Minitel, aujourd’hui accessible à tous via mobile, et dont l’image réalisée par ceux qui y participent est projetée en temps réel dans certaines villes (dont Paris dans le cadre du festival Futur en Seine et de cette exposition – 11-14 juin 2015).

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Pour préciser le sens que j’attribue au Générateur poïétique, je suis obligé de parler à la première personne. Si « je » m’exprime ainsi, ce n’est pas parce que j’ai la prétention d’être l’auteur génial et insupportable de cette chose. C’est paradoxalement parce que ladite chose n’a pas vocation à être accaparée, mais au contraire à être partagée comme un bien commun.

Toutes ces années m’ont donné le temps de ciseler et d’épurer le concept du Générateur poïétique et sa mise en œuvre. J’ai résisté à bien des tentations de le transformer en un produit commercial, comme ces « jeux massivement multi-joueurs » ou les « réseaux sociaux » qui valent aujourd’hui des milliards. Cela n’aurait pas été trop difficile d’en faire l’un de ces produits car il en constitue un modèle et il les a précédés de vingt ans. Au lieu de cela, le Générateur poïétique a gardé sa forme nue, sa simplicité, sa liberté et sa transparence.

Pourquoi ? Et bien, trente ans plus tard, je vais vous le dire : le Générateur poïétique n’est pas là pour capter l’argent, le pouvoir ou la renommée. Non, le Générateur poïétique est un révélateur d’ineffable ; un capteur d’anges !

Chacun le sait, les anges s’expriment en général dans le silence, lorsque qu’un contact subtil s’opère entre plusieurs êtres – humains ou non – ; lorsque l’espace d’une seconde éternelle, ils partagent le sentiment d’être reliés, de faire partie de la même espèce, de la grande famille du vivant et même du cosmos tout entier. Ceux qui un jour ont croisé un ange savent que l’expérience laisse sans voix. D’un seul coup, la vie prend un sens.

L’idée de convoquer les anges ne date pas d’hier. C’est une grande vanité que de vouloir le faire car les anges ne nous obéissent pas. Ils fuient les bavardages et le tumulte. Ils ont donc bien peu d’occasion de surgir dans notre désert industriel. Cependant, les anges sont partout de manière latente et rien n’interdit de penser qu’ils boudent définitivement nos constructions technologiques où il est toujours question de performance, de productivité, de vitesse, mais jamais de sens.

Annonciation, Sandro Botticelli – 1485

Annonciation, Sandro Botticelli – 1485

Le Générateur poïétique propose donc une sorte de réceptacle pour accueillir les anges qui pourraient s’exprimer par notre intermédiaire. Il prend la forme d’un réseau sur lequel chacun peut intervenir de manière anonyme en dessinant avec tous les autres présents au même instant. L’expérience montre qu’il arrive que des anges s’y manifestent de manière impromptue. Leur présence annonce peut-être qu’il y a ici une piste pour qu’enfin notre technologie fasse sens ?

Entre le 11 et le 14 juin, où que vous soyez sur la planète, vous pourrez essayer avec patience de faire apparaître des anges dans le Musée des Arts et Métiers !

Olivier Auber

Le Générateur poïétique @ Musée des Arts et Métiers, Paris

Le Générateur poïétique sera diffusé en temps réel au Musée des Arts et Métiers, Paris, dans le cadre d’une exposition historique sur le Netart pendant la semaine « Futur en Seine », du 11 au 14 juin 2015.

Commissaires : Stéphane Natkin, CNAM Paris ; Anolga Rodionoff & Jean-Marie Dallet – Université Paris 8

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Des histoires d’art et d’interactivité
Exposition 11 au 14 juin 2015
Musée des Arts et Métiers – 60 rue Réaumur – Paris 3e
http://www.futur-en-seine.paris/projet/des-histoires-dart-et-dinteractivite/

Si le numérique traverse actuellement quasiment tous les secteurs d’activités, du travail aux loisirs, pour s’étendre au domaine de la culture, il a été très tôt investi et exploré par les artistes. Dès les années 60, les expérimentations de ce qu’on appelait les machines cybernétiques puis, plus tard, les machines à communiquer, ont été menées par les artistes. L’informatique, qu’on préférait au terme numérique, n’était pas encore identifiée à la révolution ni non plus comme l’une de ses premières marches. De telles machines ont ainsi excité la curiosité comme l’imaginaire des artistes.

L’exposition dévoilera les questionnements de quelques artistes et certains de leurs dispositifs qui y répondent ; elle montrera alors que ce sont moins les images, les sons ou les textes qui mobilisent leur intérêt que la relation et les échanges ; des relations auxquelles ils donnent forme comme le souligne Jean- Louis Boissier. Ce travail sur la relation qu’autorisent les technologies informatiques et qui marque la singularité de l’art dit numérique n’empêche pas que certains artistes s’y soient très tôt intéressés sans pour autant explorer ces mêmes technologies. Tel est le fil qui soutient le propos de l’exposition à travers une sélection d’œuvres.

A la fonction critique d’une telle mise en perspective des œuvres s’ajoutent les vertus heuristiques de ces pratiques artistes parce que celles-ci pensent en les montrant certains des enjeux liés au développement et à l’omniprésence des technologies informatiques, quand ne font pas philosophie, comme l’écrit, Anne Cauquelin. Une telle mise en récit nécessairement orientée dévoile enfin l’importance, dès les années 70, de certains lieux propices à ces expérimentations, et en particulier du centre expérimental de Vincennes.

Des lieux qui ont favorisé ces dernières en les inscrivant dans un temps long, lequel temps les a préservées des effets de mode et les a éloignées de la logique souvent agressive de l’offre et de la demande. Des lieux dans lesquels des filiations esthétiques se sont construites peu à peu et qui ont ensuite essaimé un peu partout à travers le monde occidental. La mise en situation des œuvres sera aussi l’occasion de moments de résonance avec les inventions telles qu’elles sont mises en scène, au sein du musée des Arts & Métiers.

Les œuvres présentées font ainsi écho au phonographe, à la photographie, au télégraphe de Chappe ou encore à la mise en œuvre des réseaux de télécommunication.

Artistes présentés : Olivier Auber (Le générateur poïétique, France), Jean-Pierre Balpe (ROMANS [roman], France), Samuel Bianchini (Keywords, ENSAD, France), Maurice Benayoun (Emotion winds, Paris 8/Citu- City University of Hong Kong/School of Creative Media, France/Chine), Jean-Louis Boissier (Album sans fin & Mémoire de crayon, Paris 8, France), Jean-Louis Boissier & Jean-Marie Dallet (CD-Rom La troisième biennale de Lyon, France), Michel Bret (3D Anyflo, France), Alexandre Castonguay (AGIT P.O.V., Atelier-Performance, Uqam, Québec), Edmond Couchot & Marie-Hélène Tramus (La Plume, Paris 8, France), Luc Courchesnes (Portrait N°1, Québec), Dominique Cunin (Book Tales, ENSAD, France), Jean- Marie Dallet (Le voyage N°3, Paris 8, France), Jean Dubois (Zones Franches, Uqam, Québec), Piotr Kowalski (CD-Rom Information Transcript/MIT<->Lyon, US), Muntadas (The File Room, US), Cécile le Prado (Vocatifs, Cnam, France), SLIDERS_lab [F. Curien, J.-M. Dallet] (Topomovies, France), Gwenola Wagon (World Brain, Paris 8, France).