Search for Terrestrial Intelligence – STI@home

STI (Search for Terrestrial Intelligence) est une initiative complémentaire du célèbre programme de recherche SETI (Search for Extraterrestrial Intelligence) qui, depuis les années 60, tente de détecter d’éventuels signaux issus de formes de vie intelligentes.  Alors que SETI pointe ses radiotélescopes vers l’espace, STI propose d’orienter nos instruments vers la planète Terre ; il s’agit de détecter ici-même, des formes d’intelligence qui pourraient contribuer à établir une civilisation durable à l’échelle cosmologique.

STI observe notre vie avec les réseaux

Quelques hypothèses sur lesquelles le programme STI pourrait être fondé, sont proposées dans l’article « Search for Terrestrial Intelligence » publié dans le numéro 11 de la Revue du Cube sur le thème : « Faire société. Quel sens ? ». Elles conduisent à nous intéresser aux réseaux artificiels que nous construisons dans tous les domaines de notre vie sociale, de tenter d’en comprendre la dynamique, et d’apprendre à évaluer leur « légitimité ». En effet, selon la thèse soutenue dans l’article, nous construisons nos réseaux artificiels suivant des perspectives anoptiques qui impliquent toute notre cognition, mais nous n’avons pas encore assimilé les critères de légitimité de cette construction. Ceci combiné à notre compréhension limitée des dynamiques de nos réseaux sociaux, fait que nous n’en avons aucune maîtrise ;  ils fabriquent de toutes pièces des bulles et des crises dans tous les domaines et à toutes les échelles, au point de menacer la vie-même de notre espèce.  Une première étape de STI pourrait consister à lancer une initiative STI@ome.

STI@home : l’intelligence du monde à la maison !

Tout le monde connait l’initiative SETI@home, dérivée de SETI, qui propose à chacun d’allouer un peu de temps de calcul de son ordinateur personnel à l’analyse des signaux captés par les radiotélescopes. Voyons comment une initiative STI@home pourrait s’en inspirer. Selon les hypothèses développées dans l’article :

« Il suffirait de construire un réseau suivant une perspective anoptique légitime, dédié à la création et l’observation de sa propre dynamique ».

Cela peut être plus simple qu’il n’y paraît. En effet, le support de ce réseau existe. Il s’agit simplement de l’Internet. La base logicielle existe aussi et elle peut être améliorée à l’infini. Il s’agit du Générateur Poiétique, un méta-jeu collectif et contemplatif (sans aucun caractère commercial), conçu il y a bien longtemps déjà pour répondre précisément à ces objectifs.

Pratiquement, STI@home fondé sur le Générateur Poïétique serait joignable par tout le monde depuis n’importe quel mobile ou terminal. STI@home génèrerait en temps réel une image constituée par toutes contributions de ceux qui y participent. Son image peut être captée et affichée n’importe où dans tous les formats possibles, notamment sous la formes de « tableaux vivants« . De plus, STI@home a déjà commencé à fournir quelques résultats scientifiques (voir article sur Arxiv.og).

Ce réseau STI@home pourrait ainsi devenir un modèle générique à l’aune duquel la légitimité de tous les autres réseaux pourraient être évaluée. Cela pourrait entraîner la création d’une communauté de personnes, d’acteurs privés et d’institutions participant à cette recherche. Chacun pourrait y contribuer de plusieurs façons :

  1. En pratiquant de temps à autres le Générateur Poïétique. Il est accessible à tous, de 3 à 103 ans, sur tous les terminaux fixes et mobiles.
  2. En hébergeant chez soi un terminal STI@home de contemplation de l’image produite en temps réel par les participants du Générateur Poïétique. Cela est accessible à tous. C’est gratuit pour ceux qui le réalisent eux-mêmes (tutorial), payant pour les autres, ce qui permettra de soutenir financièrement la recherche.
  3. En organisant des événements dans des écoles ou des centres culturels, dans divers lieux publics ou privés, ou bien dans l’espace urbain.
  4. En transmettant les idées sous-jacentes à STI de toutes les manières imaginables, notamment en traduisant sa documentation dans toutes les langues possibles.
  5. En participant aux travaux de développement informatique, de modélisation et d’analyse des données.

Tout le projet, les logiciels, les images, les données et les résultats scientifiques sont publiés sous licence libre (Licence Art Libre, GNU afero, GPL, CC-BY-SA, etc.)

Pour participer d’une manière prévue ou imprévue, contacter : olivier.auber (AT) vub.ac.be

 

Expérience en direct d’Ahmedabad (Inde)

http://afmagazine.in/home/amplificateur-decritures/

La formation «Médias sociaux et pédagogie du français langue étrangère » vient de se dérouler pour sa quatrième et cinquième édition dans les villes de Pune et d’Ahmedabad pour leurs Alliances françaises respectives. Cette formation coorganisée par le réseau des Alliances françaises en Inde (ici Bombay, Pune et Ahmedabad)  a réuni toutes les équipes enseignantes des deux villes.

Le groupe d’Ahmedabad

Guidés par leur formateur, David Cordina, directeur des cours de l’Alliance Française de Bombay, les deux groupes très motivés ont pris en main leurs deux nouveaux réseaux sociaux apprenants (avec les outils Ning et Twitter pour les enseignants les plus avancés et motivés).  Les deux sites offrent aux apprenants indiens un riche espace d’écriture collaborative organisé par l’administrateur et l’équipe des enseignants. Toutes les fonctionnalités récentes d’Internet sont disponibles : chat, version smartphone, blogs, pages personnelles, forum… Pour les Alliances françaises, il s’agit de montrer la vitalité pédagogique des cours de FLE et ainsi de se mettre au service d’une francophonie active des étudiants accompagnés par leurs enseignants. Plusieurs milliers d’apprenants indiens sont déjà inscrits à ce genre de réseaux à travers toute l’Inde (voir l’article synthèse des formations #msFLE et réseaux apprenants). Vous pouvez donc visiter le résultat de la formation sur les sites Punécoeurs et French In Ahmedabad.

L’agir social en situation d’apprentissage
La formation a permis de faire créer des scénarios d’activités qui illustrent la pédagogie du projet, qui n’est pas encore assez bien connue par les enseignants indiens de langue vivante. La production écrite (et orale) des étudiants est l’objectif final de ces séquences. Ces pratiques ouvrent la classe sur l’extérieur et permettent aux apprenants de naviguer sur un Internet francophone en se socialisant avec d’autres apprenants.  Les enseignants proposent différents projets allant du scénario pédagogique complexe, aux discussions argumentatives ou à la simple contribution par l’écriture d’un commentaire. Ils proposent aussi médiations et activités d’apprentissage. Ces pratiques favorisent le travail entre pairs et externalisent l’apprentissage et l’enseignement de la langue.

Au delà de l’approche technique, se mène une réflexion sur une pédagogie active, pédagogie de projet que nous nommons dans le jargon technique du FLE, la perspective actionnelle qui développe l’agir social de l’apprenant dans une situation d’apprentissage francophone. Dans cet environnement dédié, l’agir social est davantage sollicité dans les projets d’écriture médiatisée fomentant le plus d’interactions possibles et d’activités langagières. (cf. Christian Puren, université Clermont-Ferrand)

Un jeu signifiant : le générateur poïétique

Le générateur poïétique

Une session du générateur poïétique à Ahmedabad

En milieu de séance, après la pause de midi, la formation a proposé, suite aux propositions de Florence Meichel, formatrice spécialisée dans les réseaux apprenants, de consacrer un temps au jeu du générateur poïétique créé par Olivier Auber, chercheur indépendant, associé depuis 2012 au groupe de recherche interdisciplinaire ”Evolution, Complexity and Cognition” (ECCO) et au Global Brain Institute, de l’Université Libre de Bruxelles.  Ce jeu en réseau est une métaphore de l’évalution constante et collective des réseaux apprenants.
Dans le générateur poïétique, des joueurs humains (en nombre potentiellement illimité) contrôlent en temps réel les éléments graphiques d’une matrice globale, à raison d’une unité par personne. Toutes les actions des joueurs sont visibles en permanence par chacun d’eux. Le but du jeu est de simplement de faire apparaître collectivement des formes reconnaissables par tous et d’observer ensemble comment elles se créent.

L’agir poïétique, comme nous l’explique Oliver Auber, c’est lorsque le sens de l’action se construit dans l’action elle-même, selon les possibles qui s’en dégagent et non pas selon des plans et objectifs construits au préalable. C’est une action prenant place dans un contexte peu régulé où l’acteur n’est pas en mesure d’en saisir les règles. En agissant, les buts et le sens se construisent et le contexte se régule. Le générateur poïétique permet de comprendre que ce contexte peu régulé est en fait très contraignant, à l’image des 20×20 pixels à disposition. Sans les possibles donnés par l’activité de l’autre, les possibles du champ à disposition sont extrêmement réduits. Ces possibles, on les sollicite et les saisit dans l’action de donner de la couleur à ces simples pixels.
Le générateur poietique permet donc de révéler la complexité de l’action humaine dans une apparente simplicité. Les participants indiens ont, suite à des questions très simples sur leurs pratiques, compris la logique et le rapport avec les réseaux apprenants dont ils disposent dorénavant pour accompagner leurs communautés d’apprenants.

Pour en savoir plus :

Site : http://poietic-generator.net
Blog : http://poietic-generator.net/blog/
Wikipedia : article sur le générateur poïétique
Blog de Florence Meichel : http://florencemeichel.blogspot.in/ et http://www.apprendre2point0.org/